Dessiner un plan, c'est anticiper une vie. C'est chorégraphier des gestes qui n'ont pas encore eu lieu.

Le plan est l'outil fondamental de l'architecte d'intérieur. Mais son apparente abstraction — des lignes sur une feuille — cache une réalité profondément humaine : chaque trait représente un parcours, chaque cloison une décision de vie, chaque ouverture une invitation à traverser. Dessiner un plan, c'est penser l'usage avant de penser la forme.

La circulation comme premier dessin

Avant de placer la moindre cloison, nous cartographions les flux. Où entre-t-on ? Où va-t-on d'abord ? Quels sont les parcours quotidiens — du lit à la salle de bain le matin, de l'entrée à la cuisine en rentrant du travail ? Ces trajectoires sont la colonne vertébrale du plan. Un espace bien conçu les accueille naturellement, sans forcer, sans détour inutile.

Plans cotés architecture intérieure sur papier

La proportion : science et intuition

Dans un plan, tout est affaire de proportion. La taille d'une pièce par rapport à une autre, la largeur d'un couloir, la hauteur d'un seuil — ces mesures ne sont pas arbitraires. Elles sont le résultat d'une combinaison entre les normes (ergonomie, accessibilité) et la sensibilité (ce qui donne une impression de générosité ou d'intimité).

Nous travaillons souvent avec les proportions classiques — le nombre d'or, les sections harmonieuses — non par dogmatisme, mais parce qu'elles correspondent à ce que l'œil perçoit naturellement comme beau et juste.

Le plan comme promesse

Un plan est une promesse faite à ceux qui vont habiter l'espace. C'est pourquoi il doit être lisible, précis et honnête. Chaque cote, chaque annotation est un engagement. Et la satisfaction la plus profonde pour un architecte d'intérieur est de voir, au moment de la livraison, que la promesse du plan a été tenue.

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